我们在阿尔勒这所房子住了3年,唯一和我们有交往的邻居是安德里和安妮夫妇,他们住我家左边,很随和的一对老人。右边的邻居显然把我们当成外来入侵者,不主动打招呼,一副排外神情,很符合玛琳·勒庞领导的极右翼国民阵线党的形象。这家人很吵闹,什么事都能被人听见,包括他们在院子里撒尿,哗哗哗,畜牲一样。斜对面的邻居先生礼貌而冷漠。他家院墙边经常有阿拉伯小青年放高音喇叭,吵得人发疯,却从来不见他们有什么反应。有一次他非常礼貌地请阿青小声点:“我屋里有个婴儿在睡觉,”“谢谢,您真好!”但一等他开车离开,那帮阿青又把音量放到最大。俗话说:“捉苍蝇不能用酸醋。”对这种苍蝇,你用什么好呢?
安德里和安妮家的院子里永远寂静无声。唯一的声响是吸叶机。安德里83岁,走路颤巍巍,但穿戴得体,一顶很有风度的礼帽不离脑袋。安妮体面高雅,一米七几的苗条身材,显得年轻干练,一看就是当家的。没敢问她的年龄,看样子比老爷子年轻许多。有时碰到老爷子一个人,他可以滔滔不绝地闲聊逗趣,可一旦安妮在场,老爷子就三缄其口,作稳重状。有一个周六,我和一帆在阳台上晒太阳,见老爷子开车像乌龟一样爬过来,车顶放个购物篮。我和一帆惊得眼镜掉地下:居然可以顶个篮子开回来!得开多慢多稳才行啊。老爷子下车后忘了拿篮子。一帆故意等他走到大门口才大声提醒他:“您把篮子忘啦。”老爷子一怔,又蹒跚着走回去,取下篮子对我们喊:“千万别告诉我太太啊!顾着和朋友聊天,篮子忘车顶了。这不是第一次啦。”希望安妮没看见也没听见。
这片小区平时很安静,所以总有阿青到这里喝酒娱乐,扔一堆垃圾。第二天就会看到安德里和安妮拎个大塑料袋,弯腰捡垃圾,然后丢进自家垃圾箱里。我刚搬来时看到他们这样做,满怀崇敬。也想过参与他们的行动,但最终未付诸实际。我不知道其他的邻居是怎么想的,但他们和我一样,只作了旁观者。他们的行为让我对法国老一代人身上的价值观更感兴趣。上个月我请安德里和安妮来家吃晚饭,安妮进门就说:“其实应该是我们先请你们的。我们是地主嘛。”安妮知识丰富,话匣子打开就收不住,和她聊天很享受。昨天,安妮请我去她家喝茶,给我展示了家里的收藏,讲这些物件背后的故事。安德里几乎插不上话,闷头在安乐椅上睡着了。年龄不饶人啊。
安妮送我几本关于普罗旺斯的书看,有两本是阿尔丰斯·都德(《最后一课》的作者)的书。其中一本《塔拉斯贡的塔塔兰》,写阿尔勒10公里外塔拉斯贡市一个唐吉坷德似的人物塔塔兰,去阿尔及利亚猎狮的遭遇。小说写得轻松诙谐,读来琅琅上口,适合给小孩子催眠。他对南部人的嘲讽很有意思,摘抄一段:
“… 在南部没有说谎者,从马赛到尼姆到图卢兹到塔拉斯贡,都没有。南部人不说谎,他是搞错了。他不总说实话,但他认为他说了… 他的谎话对于他不是谎话,而是一种幻觉… 是啊,这些幻觉!…想理解我所说的,到南部来您就会明白。您会看到,在这个极端的地方,太阳把一切都变了样,所有的东西都比原本的高大。您会看到,普罗旺斯这些小山岗,不比蒙玛特高地高,但却显得高大伟岸;妮姆只有几个台阶的罗马神庙,却好像和圣母院一样雄伟。对了, 南部唯一一个说谎者,如果有的话,那就是太阳… 凡是太阳碰触的,就会无限放大!… 斯巴达最辉煌的时候是什么?一个小镇而已… 雅典呢?不过一个小县城… 然而,历史传说中这两个地方却似多么庞大的城市。看,这就是太阳惹的祸… 。”
在本书中,阿尔丰斯·都德用一句话概括19世纪中叶的法国殖民地阿尔及利亚:“一群野蛮腐烂的民众,我们在进化文明的同时把恶习传给了他们。”此话我记忆深刻。
Nous avons habité dans ce petit pavillon à Arles pendant 3 ans, et le soul voisin que nous avons fréquenté, c’est André et Annie. Ils sont à côté gauche de chez moi. Par rapport des autres voisins, André et Annie sont assez conviviales. Les voisins du côté droite, manifestement, nous prennent comme envahisseurs de leur territoire, nous disent jamais bonjour premièrement, les regards hostiles qui conforment parfaitement à la figure du Parti FN de Marine Le Pen. En plus, cette famille est tellement bruyante que tout le monde entend tous ceux qu’ils font chez eux. On peut même les entendre pisser comme bétail dans leur jardin. Le monsieur voisin en face de chez moi est quelqu’un poli et flegmatique. On voit souvent des jeunes qui mettent la radio à fond auprès de chez lui, et il n’a jamais dit rien. Au contraire, il est vachement gentil avec ces emmerdeurs en leur demandant baisser le son. « J’ai un bébé qui dort dans la maison, requiert-il le monsieur voisin, merci, c’est gentil ! » Mais dès qu’il est parti en voiture, ces petits voyous remettent de nouveau le son maximum. En France, on dit que l’on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre. Mais, pour cette espèce de mouche, qu’on pourrait faire ?
Il est toujours silencieux dans le jardin d’André et Annie, à l’exclusion du bruit de l’aspirateur à feuille de temps en temps. André, quatre-vingt-trois ans, un peu chancelé, bien habillé, toujours un chapeau sur la tête. Annie, gracieuse, belle silhouette, pleins de vitalité. Je n’ai pas osé de lui demander son âge, mais elle a l’air beaucoup plus jeune que son mari. André aime bien papoter des plaisanteries quand il est seul avec nous. Cependant, lorsqu’Annie est présente, il se tait aussitôt et devient sérieux. Un samedi, Y.V et moi avons pris du bain de soleil au balcon et vu André rouler comme une tortue avec un panier de course sur le toit. Nous sommes restés bouche bée. Comme il conduit lentement ! Après s’est garé, André a oublié de prendre son panier. Pour rire, Y.V ne lui a rappelé que quand il était sur le pas du portillon de son jardin. « Vous avez oublié votre panier, monsieur ! » Ah! s’est-il exclamé, retourné vers la bagnole en chancelant et reprit son panier, puis nous prié : «Dites pas à ma femme ! Causant avec copain, j’ai oublié complètement ce panier sur la bagnole. Et ce n’est pas la première fois. » Espérons qu’Annie n’a ni vu ni entendu.
Il y a souvent des jeunes, profitant ce quartier calme, qui viennent faire la fête, et laissent des tas de bordel. Le lendemain, André et Annie sortent de chez eux et ramassent ces ordures et les mettent dans leur poubelle. Au début, je leur ai trouvé très admirables et voulu en participer. Mais finalement, comme tous les autres habitants d’ici, je n’ai fait que rester les bras croisés. Le comportement d’André et Annie me fait m’intéresser plus aux valeurs de l’ancienne génération. Le mois dernier, je les ai conviés chez moi. Annie a dit : « Normalement, c’est nous qui vous invitons au premier parce que nous sommes les gens d’ici. » Puisque Annie est savante, je trouve que c’est instructif de parler avec elle. Hier, elle m’a invité du thé chez elle et m’a raconté les histoires cachées de ses collections. André n’a même pas pu prendre la parole, alors qu’il a fini par s’assoupir dans son fauteuil. Hélas, c’est l’âge.
Annie m’a donné quelques livres sur la Provence, dont il y a deux livres de poche d’Alphonse Daudet. Dans « Tartarin de Tarascon », Daudet nous a raconté des mésaventures d’un personnage comme Don Quichotte qui s’appelle Tartarin qui fut allé chasser lions en Algérie. Style burlesque, ce roman est très agréable à lire, surtout pour faire dormir les enfants. Regardons un paragraphe décrit satiriquement sur les Méridionaux :
« Il n’y a pas de menteurs dans le Midi, pas plus à Marseille qu’à Nîmes, qu’à Toulouse, qu’à Tarascon. L’homme du Midi ne ment pas, il se trompe. Il ne dit pas toujours la vérité, mais il croit la dire… Son mensonge à lui, ce n’est pas du mensonge, c’est une espèce de mirage… Oui, du mirage !… Et pour bien me comprendre, allez-vous-en dans le Midi, et vous verrez. Vous verrez ce diable de pays où le soleil transfigure tout, et fait tout plus grand que nature. Vous verrez ces petites collines de Provence pas plus hautes que la butte Montmartre et qui vous paraîtront gigantesques, vous verrez la Maison carrée de Nîmes – un petit bijou d’étagère – qui vous semblera aussi grande que Notre-Dame. Vous verrez… Ah ! le seul menteur du Midi, s’il y en a un, c’est le soleil… Tout ce qu’il touche, il l’exagère !… Qu’est-ce que c’était que Sparte aux temps de sa splendeur ? Une bourgade… Qu’est-ce que c’était qu’Athènes ? Tout au plus une sous-préfecture… et pourtant dans l’Histoire elles nous apparaissent comme des villes énormes. Voilà ce que le soleil en a fait… Vous étonnerez-vous après cela que le même soleil, tombant sur Tarascon… »
Dans ce livre, Alphonse Daudet a employé une phrase sur l’Algérie française du 19ème siècle : « Un peuple sauvage et pourri que nous civilisons en lui donnant nos vices. » Cette phrase m’a rudement impressionnée.